Après avoir exploré les mystères de Versailles et les secrets des Invalides, l’Agence Mouche revient pour une nouvelle enquête palpitante, cette fois-ci au Mont Saint-Michel ! Lunii a organisé une rencontre avec Claudine Aubrun, autrice des aventures de l’Agence Mouche, qui reprend la plume pour ce quatrième volume audio aux Éditions Lunii.
En collaboration avec l’Établissement public national du Mont Saint-Michel, elle a imaginé une histoire audio rythmée par des énigmes intrigantes. Cette aventure permet aux enfants de découvrir non seulement l’histoire fascinante du Mont Saint-Michel, mais aussi la riche biodiversité de sa baie. Pour en savoir plus sur cette nouvelle création et sur son travail, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Claudine Aubrun, qui nous partage les coulisses de cette aventure unique.

L’Agence Mouche au Mont Saint-Michel – L’affaire du trésor de la baie
Dès 7 ans | Durée : 2h
À écouter sur Ma Fabrique à Histoires
Lunii : Vous écrivez des livres pour enfants depuis de nombreuses années, et en particulier des enquêtes. Qu’est-ce qui vous plaît dans ce format et pourquoi est-ce celui que vous privilégiez ?
Claudine Aubrun : Je lis pas mal de romans noirs, je suis aussi accro aux séries et aux films policiers. Ce que j’aime dans ce genre, c’est l’ancrage dans le réel, mais aussi le côté mystère, s’amuser avec le lecteur, le mettre sur des fausses pistes, le frisson… Pour tous les épisodes de l’Agence Mouche, les personnages interviennent dans un site bien réel à une époque très précise.
Pourquoi avoir choisi la littérature jeunesse ?
Claudine Aubrun : J’ai commencé par écrire des livres pour adultes dans la collection Le Poulpe. Initialement, je voulais m’adresser à un public adulte et jeunesse, mais ayant un travail salarié en même temps que mon activité d’autrice, j’ai rapidement compris qu’il fallait faire un choix. J’adore la tranche d’âge des 7-12 ans parce qu’il peut y avoir du contenu et de l’efficacité, et aussi parce que la littérature jeunesse est très fantaisiste. On peut écrire des textes courts, longs, avec ou sans images, dans des styles très différents. J’aime cette liberté et cette fantaisie.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de passer au roman policier au format livre audio ?
Claudine Aubrun : Stéphanie, qui est éditrice aux Éditions Lunii et qui connaissait mon travail sur la série Les Enquêtes de Nino (aux Éditions Syros), m’a contactée. Je n’avais jamais pensé à écrire pour l’audio, Ce n’est pas tout à fait le même travail que pour un livre. Mais j’ai décidé de me lancer et je ne le regrette pas.
Le projet a commencé avec un thème historique, Versailles, avec L’affaire du bureau du roi. Cela m’intimidait beaucoup car je ne suis pas historienne. Mettre en scène des personnages à l’époque de Louis XV implique beaucoup de recherches, par exemple sur comment on s’habillait à l’époque, comment on mangeait, comment on se comportait, comment on circulait dans le château, sans oublier le contexte historique à cette époque-là.
Dans un livre audio, il faut aussi être très attentif aux dialogues. Ils doivent être crédibles sans être trop précieux. Ce travail ressemble davantage à l’écriture théâtrale qu’à la fiction « classique ». Heureusement, j’ai rencontré des experts qui m’ont été d’une aide précieuse. Dès que je me suis mise au travail, j’ai adoré ce format.

L’Agence Mouche à Versailles – L’affaire du bureau du roi
Dès 7 ans | Durée : 1h29
À écouter sur Ma Fabrique à Histoires
🏅 L’info Lunii : saviez-vous que Versailles un des sites hôtes des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 ? Les jardins seront amménagés pour accueillir les sports équestres et le pentathlon moderne ! Et si vous profitiez de l’occasion pour expliquer les Jeux olympiques à vos enfants autour d’activités sportives ?
Comment intégrez-vous les différents embranchements, spécifiques aux livres audio sur Ma Fabrique à Histoires, dans vos histoires audio ?
Claudine Aubrun : Je commence par écrire un synopsis que j’envoie à mon éditrice pour discussion. Ensuite, je fais un plan, mais je ne sais pas tout à l’avance. Je me nourris de la documentation et des échanges avec des experts. Pour l’Agence Mouche à Versailles, que ce soit l’épisode du bureau du roi ou celui qui s’appelle Au secours de Marie-Antoinette, j’ai consulté des historiens, notamment Mathieu da Vinha, pour des détails précis, comme les habitudes vestimentaires et les bruits ambiants au château. Ces détails enrichissent l’histoire et la rendent crédible.
Par exemple, j’ai appris qu’à cette époque, les garçons devaient porter un chapeau et une épée. C’est du pain béni pour moi, parce que c’est un petit détail qu’on trouve difficilement dans les livres et qui peut amuser ou intriguer les enfants.
Toujours dans l’Agence Mouche à Versailles, il y aussi une scène qui se passe dans les écuries, avec l’écuyer du roi, qui est un poste important. J’avais trouvé des représentations d’écuyers du roi, pour comprendre comment ils étaient habillés… avant d’apprendre par un historien qu’à ce moment-là, ce n’était pas un homme mais une femme qui occupait cette fonction ! Il s’agissait de Madame de Brionne, et c’est d’ailleurs la seule femme à avoir exercé la fonction de grand écuyer de France. C’est ce genre de détails qui m’intéressent.
Ce qui aide, pour ce type de recherches, c’est de dater précisément quand notre histoire se déroule, de situer l’action dans la grande Histoire. Par exemple, pour L’Agence Mouche aux Invalides, l’histoire se déroule en 1905, à l’ouverture du musée de l’Armée. Je me suis beaucoup renseignée sur Paris. Qu’est-ce qui se passe à ce moment-là ? La Tour Eiffel est rouge. Il y a des voitures, mais il y a encore des calèches. Cela va donc avoir une incidence sur le bruit, l’ambiance. Je me suis aussi renseignée sur les parfums, les magasins populaires à cette époque, ainsi que sur les expositions qui ont marqué cette période. Cela demande du travail, mais c’est ce qui fait, à mon sens, que l’auditeur y croit, ce qui rend les personnages crédibles.

L’Agence Mouche à Versailles – Au secours de Marie-Antoinette
Dès 7 ans | Durée : 2h06
À écouter sur Ma Fabrique à Histoires
Les institutions ont-elles des exigences spécifiques pour vos histoires ?
Claudine Aubrun : Elles ne demandent pas d’histoire ou de scènes spécifiques mais se concentrent sur la correction des détails pour éviter les erreurs factuelles. Pour les livres de l’Agence Mouche, chaque histoire est relue attentivement et validée par l’institution compétente. Pour moi, être supervisée par des experts est une richesse, car cela garantit l’exactitude, historique ou factuelle, du récit. Et cela rend mes recherches encore plus passionnantes !
Comment est née l’Agence Mouche ?
Claudine Aubrun : Dès que j’ai accepté le projet, j’ai pensé à une série. Cela permet de développer les personnages sur plusieurs histoires, de les faire évoluer.
Dans l’Agence Mouche, chaque enquête est menée à une époque différente mais pas les descendants de la même famille. C’est toujours un tandem, frère et sœur. Ce qu’on aime dans une série, c’est que ce soit pareil et différent. Aussi, leurs prénoms changent de génération en génération tout en se ressemblant (Jeanne-Marie et Pierre, Perrine et Jean, Jeanne et Pierre, Jeanne et Pierre-Henri…). Ils portent tous le nom de famille de Mouche, inspiré de « Mouchard », c’est comme cela que l’on appelait les enquêteurs au XVIIIe siècle !
L’idée de voyager dans le temps, d’où vient-elle ?
Claudine Aubrun : Dès le départ, je savais que s’il y aurait plusieurs histoires mais à des époques différentes. J’avais à cœur, pour retrouver mes enquêteurs d’une époque à l’autre de ne pas recourir à des machines à remonter le temps ou à la magie. L’agence, située à Paris au Palais Royal se transmet de génération en génération. Chaque enquête se déroule dans un contexte historique précis, ce qui ajoute une dimension fascinante à la série.
Comment choisissez-vous les noms des membres de l’agence ?
Claudine Aubrun : J’ai choisi des noms simples et communs pour l’époque, comme Jeanne et Pierre. Ça aurait été anachronique de mettre des prénoms modernes comme Kévin ! Puis j’adapte en fonction des époques.
Ma Fabrique à Histoires, c’est LA conteuse audio interactive des enfants de 3 à 7 ans – avec une bibliothèque de +400 livres audio à télécharger !

Ce n’est pas vous qui choisissez les monuments où vont enquêter l’Agence Mouche, mais Lunii qui conclut un partenariat avec l’institution, n’est-ce pas ?
Claudine Aubrun : C’est un accord avec l’institution, effectivement. Moi, je rencontre les spécialistes de l’institution, j’écoute tout ce qu’ils me racontent. Par exemple, pour le Mont Saint-Michel, j’aurais bien aimé faire quelque chose d’historique, mais ça ne pouvait être que contemporain, puisque l’institution voulait mettre en avant les trésors naturels de la baie. Évidemment, on ne peut pas ne pas parler du village et de l’abbaye du Mont Saint-Michel, mais ils voulaient qu’on parle du barrage, du rocher de Tombelaine, de la biodiversité, de tous les animaux et les plantes qui sont revenus dans la baie grâce au nouvel aménagement. Je savais donc dès le début que l’histoire se passerait à l’époque contemporaine et qu’il allait y avoir beaucoup de scènes à l’extérieur.
Pour les deux volumes à Versailles, la première contrainte était que ça se passe sous Louis XV ou plus tard sous Louis XVI pour l’épisode qui met en scène Marie-Antoinette. Pour les L’Agence Mouche aux Invalides, c’est moi qui ai choisi l’époque.

L’Agence Mouche aux Invalides – L’affaire Durandon
Dès 7 ans | Durée : 1h55
À écouter sur Ma Fabrique à Histoires
Intéressant ! Comment faites-vous pour introduire toutes ces petites anecdotes culturelles dans vos histoires ? Vous me disiez que vous écoutez beaucoup les informations que vous donnent les experts. Vous allez aussi sur place ?
Claudine Aubrun : Oui, je vais sur place à chaque fois, je passe une journée ou plus. Je rencontre les personnes qui gèrent le site. Elles me donnent de la documentation que j’étudie attentivement. Quand je vais sur place je fais aussi plein de photos, je prends des notes et bien sûr, je me documente beaucoup de mon côté. Toutefois, ce que j’apprécie le plus, ce sont ces visites, c’est l’ambiance, les odeurs, l’impression qu’on a en entrant dans une pièce. Et c’est difficilement trouvable sur Internet !
Comment travaillez-vous avec les équipes des plus grands monuments de France ?
Claudine Aubrun : Les conférenciers et conférencières sont toujours très intrigués par les auteurs de fiction. De mon côté, j’étais intimidée par leur connaissances. Aux Invalides, à Versailles, au Mont Saint-Michel, les conférenciers étaient brillants – et très aimables et archi disponibles ! Ils m’ont ouvert plein de portes et d’endroits où le public ne peut pas aller.
Bien sûr, au début, ils se méfient un peu car ils ne me connaissent pas et se demandent à quoi ressemblera le livre audio final. Ils s’inquiètent de savoir si l’histoire saura représenter le site de manière fidèle, sans erreurs historiques ou factuelles. Puis on leur envoie le synopsis, l’arborescence, les différentes versions du livre audio pour qu’ils relisent et inscrivent leurs corrections. Ça s’est très bien passé à chaque fois !
Si vous aviez carte blanche, où et à quelle époque enverriez-vous l’agence ?
Claudine Aubrun : Pour le monument, je dirais la Tour Eiffel, car j’ai remarqué que c’est un fantasme absolu chez les enfants et les adultes. C’est incroyable la fascination qu’elle exerce.
Quant à l’époque, le Moyen Âge pourrait être rigolo, c’est une époque haute en couleurs. Les Cro-Magnons aussi, avec des peintures pariétales, ce serait drôle !

Avec Lunii, l’art et la culture s’invitent chez vous !
Les musées deviennent des terrains de jeux et d’explorations, les œuvres endormies y murmurent leurs secrets, et les personnages du passé prennent vie dans vos oreilles amusées.
Depuis peu, l’Agence Mouche existe aussi au format papier (Éditions Syros). Passer du format audio au format papier, qu’est-ce que cela change pour vous ?
Claudine Aubrun : Ce n’est pas le même objet pour les auditeurs – et lecteurs. C’est intéressant de pouvoir lire le texte, d’y revenir après l’avoir écouté. Par exemple, les animaux de la baie du Mont Saint-Michel peuvent être difficiles à imaginer juste en les entendant, comme le pélodyte ponctué, un batracien réapparu grâce au désensablement et au traitement des eaux. L’image aide beaucoup, c’est complémentaire !
Et vous, vous avez une préférence ?
Claudine Aubrun : Non, ce que j’aime, c’est le projet. J’adore le moment où je commence à me projeter dans l’histoire. C’est un déplacement dans le temps ou dans un lieu. C’est intimidant au début, mais c’est fascinant !
🎤 Pour aller plus loin : Lunii a rencontré Elodie Fondacci, qui a écrit – et conté ! – Les Histoires farfelues d’orthographe. Partez sans plus attendre à la rencontre de cette comédienne touche à tout !
Les livres audio de Claudine Aubrun chez Lunii
Claudine Aubrun est l’autrice de cinq livres audio chez Lunii : les quatre volumes de l’Agence Mouche sur Ma Fabrique à Histoires et le livre audio Mysteries & compagnie pour FLAM (en collaboration avec Stéphanie Benson et Yves Grevet).

Mysteries & compagnie
Dès 9 ans | Durée : 1h50
À écouter sur FLAM
En partenariat avec les éditions Syros et à sa collection Tip Tongue
Retrouvez les actualités de Claudine Aubrun sur son blog ainsi que son compte Instagram.
Nos articles sur les livres audio Lunii :
- Harry Potter : 25 ans de magie, (re)découvrez la saga en famille sur le baladeur audio FLAM !Une navigation fluide entre les chapitres avec des animations pour chaque scène mythique, des fiches de personnages à collectionner ainsi qu’un inventaire de sortilèges et élixirs vous attendent.
- Livres audio Harry Potter : la saga débarque chez Lunii !Une navigation fluide entre les chapitres avec des animations pour chaque scène mythique, des fiches de personnages à collectionner ainsi qu’un inventaire de sortilèges et élixirs vous attendent.
- Comptines pour enfants : les indispensables à téléchargerDécouvrez les meilleures comptines pour enfants à écouter dans les moments calmes et récréatifs pour apprendre en s’amusant.



