Troubles du langage chez l’enfant : comment les reconnaître et les accompagner efficacement ?
Un trouble du langage est apparu chez votre enfant et vous ne savez pas quoi faire ? Votre bambin ne parle pas ou peu, sa prononciation est hésitante ou il rencontre des difficultés pour rédiger… Pas de panique ! Ces turbulences de diction ou d’écriture peuvent être observées tôt. Des séances d’orthophonie suffisent souvent à pallier les déséquilibres. Dans cet article, Lunii présente les troubles d’évolution du langage et d’apprentissage, les signes d’alerte et les traitements disponibles. Un guide complet pour informer les parents et agir !
Les troubles du langage de l’enfant : qu’est-ce que c’est ?
L’altération du langage parlé ou du langage écrit : de quoi s’agit-il ?
Les troubles du langage correspondent à un dérèglement de la parole, de la lecture ou de l’écriture.
Selon l’Assurance Maladie, 4 à 5 % des enfants sont concernés, quel que soit l’âge. 40 % d’entre eux souffrent de plusieurs troubles en même temps. Et ce, en l’absence de déficit visible (vue correcte, comportement social adéquat, développement intellectuel en phase avec son âge, etc.).
Comment les troubles d’évolution du langage se manifestent-ils plus concrètement ? Le bambin rencontre des difficultés de communication. Déployer, appréhender, construire et utiliser le langage parlé, le langage manuscrit ou les deux, est ardu. Par exemple :
- Il ne bavarde pas du tout.
- Il ne dit jamais de phrases entières.
- Il jargonne avec des termes propres à sa famille et à lui seuls.
- Il ne comprend pas une consigne simple.
- Il emploie des mots tronqués côte à côte ou des verbes à l’infinitif sans les conjuguer.
- Il n’arrive pas à associer les caractères graphiques aux sons prononcés.
- Il lit très lentement et avec des fautes.
- Il articule avec hésitation.
- Il bégaie ou zézaie.
- Il inverse des lettres à l’écrit ou des syllabes à l’oral.
- Il est régulièrement maladroit.
- Il confond sa gauche avec sa droite.
- Il oublie de compter des éléments dans un exercice de dénombrement.
- Il n’arrive pas à reproduire fidèlement un alphabet.
Les troubles « dys » : qu’est-ce que c’est ?
On appelle souvent ces perturbations du langage les troubles « dys » :
- La dyslexie est la difficulté à associer ensemble les lettres et les sons.
- La dyspraxie est un dérèglement de la coordination, soit visuelle, soit motrice (ou les 2).
- La dyscalculie touche aux apprentissages avec les nombres.
- La dysorthographie est un problème de maîtrise de l’orthographe, de la grammaire et de la syntaxe.
- La dysphasie est le trouble le plus complexe. Garçon ou fille est incapable de décrire une image et parle de façon rudimentaire.
Attention ! Ces déséquilibres s’apprécient selon l’âge de votre enfant, et dans le temps. Un jeune qui commence à lire ne sera pas fluide à l’oral tout de suite ! Un retard du langage ou de la parole important doit, en revanche, éveiller votre vigilance.

Reconnaître les signes d’alerte des troubles « dys » au plus tôt
Les obstacles à la parole à surveiller, quel que soit l’âge
Un dépistage précoce des troubles du langage, c’est-à-dire avant 5 ans, voire mieux, avant 3 ans, améliore le pronostic de développement. Très souvent, c’est l’entrée à l’école qui sert de déclic. L’enseignant alerte alors les parents. Comment anticiper avant la scolarité ? Quels sont les symptômes à surveiller dès tout-petit (sources : Société française de pédiatrie) ?
La suspicion de surdité :
- l’absence de réaction au bruit ;
- les infections ORL fréquentes (comme les otites à répétition, par exemple) ;
- les difficultés à comprendre et à répondre correctement quand un adulte parle.
La détection de troubles « dys », anxieux ou de déficience intellectuelle :
- l’absence de connaissance du langage de la vie courante ;
- quelle que soit la motivation de l’enfant, une communication insuffisante ou inexistante ;
- aucun progrès observé dans un environnement avec plusieurs petits (socialisation) ;
- un repli sur soi, une attitude solitaire ;
- une opposition forte, voire une agressivité constante ;
- au contraire, un bambin très démonstratif, qui sollicite les autres en permanence ;
- tout comportement inhabituel (changement soudain).
Valables à tout âge, ces signaux doivent vous amener à consulter votre médecin traitant. S’ils sont récurrents, s’ils durent plusieurs semaines, ou si votre jeune en présente 2 ou plus, prenez rapidement rendez-vous afin d’établir un constat. Un bilan ORL est recommandé à 3 ans.
Les compétences de langage acquises au fur et à mesure du développement psychomoteur
En complément, voici quelques compétences de développement du langage par tranche d’âge (sources : Fondation de la recherche médicale et Société française de pédiatrie) :
- Dès la naissance, un bébé crie de différentes façons pour exprimer ses besoins. Il va peu à peu gazouiller et babiller.
- Vers 6 mois, il prononce quelques syllabes articulées. Il réagit lorsque vous l’appelez par son prénom ou verbalisez un « non ».
- Entre 9 et 12 mois, il comprend les termes dans un contexte donné (c’est-à-dire au moment où il a lieu) puis en dehors. Il regarde une chose qu’on lui présente, pointe du doigt, salue et refuse.
- Entre 12 et 18 mois, il place ses premiers mots. Souvent courts, il les relie à un objet, un jouet ou une situation. Il imite les actes du quotidien (comme le téléphone, par exemple, en portant la main à son oreille).
- De 18 mois à 2 ans, c’est la phase d’explosion du langage. Le bambin connecte un verbe et un nom, comme « veux livre ». L’association gestes et mots s’accentue. Il exécute des consignes faciles sur l’instant présent.
- Vers 3 ans, il est capable de formuler des phrases entières avec un sujet, un verbe et un complément. Progressivement, il utilise le « je » ou le « moi ». Il assimile des instructions claires dans le futur ou le passé.
- Après 3 ans, le vocabulaire se développe et devient plus précis. Il parle de mieux en mieux.
- À 6 ans, l’élève comprend un récit (c’est le moment de réveiller son imaginaire avec Ma Fabrique à Histoires !). Il est prêt pour la lecture et l’écriture. À l’issue du cours préparatoire (CP), il arrive à lire et à écrire des phrases simples. Il maîtrise totalement ces compétences en fin de seconde année de cours élémentaire (CE2).
Le carnet de santé de votre enfant comporte ces repères. Vous pouvez vous y référer pour rappel.
À noter : apprendre à parler résulte de capacités neurocognitives et de l’interaction avec son environnement. C’est un processus naturel. À l’opposé, assimiler l’écriture passe par un enseignement. C’est pour cela que les troubles du langage se décèlent souvent à l’école maternelle.
L’accompagnement des difficultés d’apprentissage du langage à différents niveaux
3 échelons de prise en charge médicale selon la sévérité des troubles

La Haute Autorité de santé définit 3 degrés de traitement, de la situation la plus simple aux cas les plus complexes.
Le niveau 1 assure un accompagnement de proximité avec le médecin traitant (ou pédiatre) et l’expert du trouble identifié. Par exemple, un orthophoniste pour le langage oral, un ergothérapeute pour améliorer la motricité ou un psychomotricien pour l’écriture. Le garçon ou la fille est suivi·e pour apprécier les bénéfices des actions mises en place.
Si aucun progrès n’est constaté, la thérapie passe au prochain échelon. Un groupe de spécialistes, dont un coordinateur, élabore un programme personnalisé et étalé. Si l’enfant est scolarisé, on formule un PAI (un projet d’accompagnement individualisé) à l’équipe enseignante. Il positionne l’élève dans les meilleures dispositions d’apprentissage.
Le dernier niveau figure les cas les plus complexes. Le centre de référence des troubles spécifiques du langage (CRTLA) donne rendez-vous au jeune. Ce sont des consultations à l’hôpital pour chercher de façon plus approfondie les causes des affections (tests, bilans). Des soins appropriés sont prescrits.
La famille et l’entourage, un pilier nécessaire pour l’amélioration des déséquilibres de la parole
Bonne nouvelle ! Un environnement familial aimant, chaleureux et bienveillant est indispensable pour accompagner votre fille ou votre garçon. Si vous suspectez un trouble, la meilleure conduite à tenir est l’objectivité : test d’évaluation, actions, observation et bilan. Entreprendre les démarches est la première étape pour rassurer toute la fratrie et avancer en confiance.
Comment aider votre enfant à parler à la maison ? De nombreux jeux éducatifs pour stimuler le langage sont simples à réaliser :
- chanter des comptines ou des chansons avec un baladeur sonore comme Ma 1re Lunii ;
- lire des livres variés (histoires audio pour enfants, matériel sensoriel, « cherche et trouve »…) ;
- proposer de participer aux travaux de tous les jours (mettre la table, étendre le linge, faire la vaisselle…) ;
- jouer à des jeux de société (loto, mémo, jeux de plateau…) ;
- utiliser des jouets moteurs (encastrements, cubes, coloriages…) ;
- encourager les jeux d’imitation ou symboliques (dînette, poupons, garage de voitures, figurines…).
Ces exemples sont des idées d’activités Montessori liées au langage. Ils favorisent une intégration ludique des mots. Plus il y a de plaisir, mieux c’est ! Pour aller plus loin, la Société française de pédiatrie recommande :
- De parler couramment à votre enfant dès son plus jeune âge, en employant du vocabulaire précis, des phrases bien construites et bien prononcées.
- De le considérer comme un être communiquant. S’il vous sollicite, répondez-lui de manière spontanée et adaptée.
- De laisser votre tout-petit ressentir son désir de converser. Il doit comprendre que la communication lui permettra d’obtenir ce qu’il souhaite. Ne vous précipitez pas pour réagir à ses besoins. Les moments clés de la journée (repas, sieste, habillage, courses, douche…) sont propices à la parole.
- D’imiter votre loulou. Cela renforce son sentiment de réussite. Excellent pour sa confiance en lui !
- D’adopter un contact où chacun s’exprime tour à tour, sans interruption.
- De réitérer votre réponse si besoin est.
- De reprendre un mot mal prononcé par votre enfant dans une phrase, en articulant correctement, sans relever la faute.
- De côtoyer des personnes en dehors de votre entourage proche pour l’encourager à se faire comprendre.
- De bannir toute attitude culpabilisante ou humiliante pour votre jeune : zéro reproche, punition, répétition ou comparaison face à une difficulté. S’il n’a pas envie de parler, ne le forcez pas.
Avec ces conseils, vous avez toutes les clés pour accompagner votre fils ou votre fille dans sa libre expression.
Bonus : quelles sont les causes des perturbations de l’apprentissage du langage ?
Vous l’avez lu, les troubles de l’évolution du langage sont multiples. Plus ils sont détectés tôt, plus la rééducation est efficace. Mais d’où viennent-ils ? Est-ce qu’il existe des facteurs de risques ? La réponse est oui !
La génétique joue un rôle dans l’essor de certaines pathologies, comme la dyslexie.
Les parents dyslexiques ont 50 % de chances d’avoir un garçon atteint·e.
Le développement psychomoteur est une cause de dégradation de la parole, comme une mauvaise audition ou une anomalie des organes produisant les sons (cordes vocales…).
La prématurité ou une complication néonatale augmentent le risque de trouble du langage. D’autres maladies, comme le trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), s’accompagnent de troubles « dys ».
Enfin, une déficience affective (négligence, maltraitance) ou un environnement éducatif et psychologique défavorable peuvent aussi entraîner des altérations.
Grâce aux spécialistes et au soutien de son entourage, un enfant peut compenser son trouble et le voir réduit à peau de chagrin ! L’apprentissage du langage est le fer de lance de Lunii. De 3 à 12 ans, filles et garçons sont les héros de contes merveilleux qu’ils choisissent eux-mêmes. Pour des mots, toujours des mots et encore plus de mots, adoptez dès maintenant Ma 1re Lunii, Ma Fabrique à Histoires ou FLAM !
Sources
Fondation de la recherche médicale : tout savoir sur les troubles du langage
Ministère de la Santé : les troubles du langage et de l’apprentissage
Article rédigé par Krystel Elisé – Agence Ekkry
