Le bruit blanc pour calmer ou endormir son enfant : bonne ou mauvaise idée ?

Les bruits blancs pour bébé sont des sons répétitifs et rythmiques. Imaginez… Le ronronnement du moteur, la turbine du sèche-linge ou l’eau qui cogne contre la paroi du lave-vaisselle. Ces tonalités, employées pour réconforter, apaiser et assoupir les tout-petits dans la communauté parentale, sont à utiliser avec précaution. Dans cet article, Lunii démêle le vrai du faux sur l’impact des bruits blancs sur le sommeil des bébés. Objectif : la sécurité et la santé !

Bruit blanc pour bébé : qu’est-ce que c’est ?

Le bruit blanc pour bébé est un son répétitif, à rythme régulier et continu. Il est suffisamment fort pour couvrir l’ambiance acoustique d’une pièce de la maison. C’est le cas du brouhaha d’un moteur de voiture thermique, du tambourinement d’une machine à laver, du vrombissement de l’aspirateur en marche ou des pales d’un ventilateur qui tournent.

Les bruits blancs isolent de l’environnement. Ils couvrent une large fréquence du spectre audio. On les appelle « blancs » en référence à la lumière blanche. La lumière blanche contient toutes les nuances de couleurs. Elle reflète un spectre polychromatique et continu. C’est la même mécanique pour le bruit blanc. Il oblige le cerveau à se focaliser sur lui : les oreilles perçoivent le son majoritaire et occultent les autres. 

Comme ils masquent les interférences et les sons parasites dérangeants, les bruits blancs sont couramment exploités par les parents durant la phase d’endormissement de leur bébé ou pendant le sommeil des enfants.

Dangers des bruits blancs pour bébé : quels sont les risques ?

Il existe 3 menaces majeures dans l’utilisation des bruits blancs pour bébé.

Le premier danger est la perte d’audition, voire la surdité dans les cas les plus sérieux. L’Organisation mondiale de la Santé recommande aux adultes de respecter une exposition à 75 décibels (ou dB) pendant 8 heures au maximum. 

D’autres organismes de santé nationaux, à l’instar du National Institute for Occupational Safety and Health, abaissent encore ce temps d’écoute à 2 heures pour les majeurs par précaution d’usage. 75 dB correspondent à la cacophonie d’une machine comme un aspirateur par exemple. Au-delà de 85 dB, le son présente un risque pour l’oreille. Imaginez maintenant la même exposition, en volume et en durée, pour un bébé, un enfant ou un adolescent ! Les conséquences peuvent être graves et durables. 

Une étude de 2018 a traité plus de 500 articles et papiers de recherche au sujet des bruits blancs. Les travaux portaient sur des tests réalisés à la fois sur des animaux, mais aussi de jeunes garçons et filles.

L’analyse a mesuré les impacts des bruits blancs utilisés pendant l’enfance de façon fréquente, continue, sur de longs laps de temps et à vive intensité. Les résultats corrélés montrent des dommages sévères à long terme sur le système auditif central

Il en va de même pour le cerveau : c’est le second danger majeur. La même étude a en effet observé des effets délétères sur le développement cognitif des enfants ayant franchi un seuil d’écoute de bruits blancs au-delà des recommandations : sons assourdissants entendus durant des heures pendant le sommeil. 

La dernière menace mise en avant par les chercheurs est le risque de dépendance. Avez-vous lu notre article à propos des alternatives aux écrans pour limiter l’addiction des jeunes ? Le principe est similaire avec les bruits blancs pour bébé. L’avis des pédiatres est le suivant : posée en habitude d’endormissement, l’enfant a de grandes chances de ne plus pouvoir se passer de ces phonèmes. Il va les associer au repos.

Fonds sonores pour aider son tout-petit à s’endormir : quelles sont les précautions à prendre pour protéger sa santé auditive ?

Une exposition forte, prolongée et fréquente aux bruits blancs met en danger la santé de l’ouïe et du cerveau de tout un chacun, quel que soit son âge.

Cependant, des chercheurs américains ont exploré en 2021 les effets d’une écoute de bruits blancs à faible intensité auprès de 10 adultes new-yorkais. Ils présentaient des troubles du sommeil chroniques, en raison du vacarme ambiant de la ville. Dans un environnement urbain bruyant, les résultats ont montré une amélioration significative de la qualité du repos des sujets interrogés.

Une seconde étude, plus ancienne (1990), a testé l’utilisation de bruits blancs au moment du coucher pour 20 garçons et filles de 2 à 7 ans : 80 % d’entre eux se sont assoupis en 5 minutes. Le groupe de contrôle, sans bruits blancs, a permis d’observer un endormissement similaire pour seulement 25 % d’entre eux. Ici, les sons blancs ont été efficaces !

Que faire dans ces conditions ? Si les bruits blancs apaisent votre enfant : 

  • autoriser un réconfort ou une somnolence aux bruits blancs de temps en temps,
  • respecter une exposition à faible volume sonore (inférieur à 70 dB),
  • déposer le bambin à 30 cm minimum du bruit,
  • éteindre le bruit blanc dès que le jeune est endormi si la source provient d’un appareil électronique (jouet, téléphone portable, radio etc.)

Astuce : comment mesurer les décibels d’un bruit ? Vous pouvez télécharger un décibelmètre sur votre téléphone dans votre centre d’applications. Placer ensuite votre smartphone à l’endroit où sommeille votre enfant pour voir le taux de décibels s’afficher. 

Conseils pour jeunes parents : Bruits blancs bébé — combien de décibels ? (schéma de l’échelle du bruit. Source : Placo et ISO)

Bruits roses, berceuse enfant et histoire audio : quels sons apaisants constituent une alternative aux bruits blancs pour bébé ?

Comment calmer un bébé qui pleure ? Les meilleures techniques pour endormir son enfant sont propres à chacun ! Pour le père et la mère, observer le rythme, l’attitude de son garçon ou de sa fille est la première chose à réaliser. 

Mettre en place des rituels, c’est-à-dire des actions qui se répètent à heures fixes dans la journée, est une astuce sûre. Elle est particulièrement valable au moment du coucher. Pour savoir comment créer un environnement calme pour bébé, consultez notre article dédié à la routine du soir

Nos idées

En complément, vous trouverez ici quelques idées. Elles favorisent l’éveil sonore de votre bébé, pour des moments paisibles et sereins. 

  • Pratiquer le « peau à peau » : un geste efficace qui tranquillise de façon douce. Votre enfant, contre vous, écoute les battements de votre cœur ou les bruits de votre corps (estomac, ventre). Il se retrouve à nouveau projeté dans l’utérus maternel, où il entendait ces bruits familiers. Effet rassuré garanti !
  • Opter pour les bruits roses : les bruits roses sont assimilés à des bruits blancs apaisants pour les bébés. Contrairement aux bruits blancs issus de machines, les bruits roses sont des sons 100 % naturels. Le clapotis des vagues, le crépitement du feu de cheminée, le ronronnement d’un chat ou le souffle du vent entre les feuilles d’un arbre… Ces musiques biologiques et douces offrent une parenthèse de détente à votre tout-petit. Elles aussi sont répétitives et à rythme constant. Elles sont déployées fréquemment dans les podcasts de méditation, de visualisation ou de cohérence cardiaque chez les adultes. Lunii propose un livre audio dédié aux bruits de la nature : « Nature au fil des sons »
  • Lire ou écouter une histoire du soir : pour un retour au calme divertissant, proposer une narration à votre jeune. C’est une activité très utilisée dans les routines pour les temps calmes. Vous pouvez varier les plaisirs entre la lecture à voix haute de son récit préféré ou le livre audio pour enfants. Les conteuses Lunii, Ma Fabrique à Histoires pour les 3-7 ans et Flam pour les 7-12 ans, sont des jouets dont le volume sonore est bridé. Le seuil est fixé à 85 dB, soit avant la zone de risque pour les oreilles. 

Nos astuces

Astuce sommeil bébé : si votre fille ou garçon a un doudou, vous pouvez aller le chercher en cas de pleurs ou au moment du coucher. Prendre son petit dans les bras en le berçant avec son doudou est un conseil appliqué quotidiennement par nombre de jeunes parents ! C’est efficace dans de nombreuses situations ! 

Les bruits blancs pour bébé sont un choix parmi d’autres pour apaiser, calmer ou endormir son enfant. Employés à faible volume sonore, occasionnellement et sur de courtes durées, ils sont les alliés d’un assoupissement rapide de votre tout-petit. Ce n’est donc pas un mythe !

Leur pertinence a été démontrée par plusieurs travaux de recherche dans un cadre précis : basse intensité d’écoute, usage non systématique, éloignement de l’enfant de la source du bruit, bruit blanc éteint dès le sommeil profond. C’est une option à pratiquer avec la plus grande prudence. Les effets néfastes des bruits blancs sur la santé de l’ouïe et du cerveau en cas de mauvaise utilisation ont parallèlement fait l’objet d’études. Les conclusions sont valables à tout âge, du nourrisson à l’adulte et pointent un dérèglement auditif et cognitif.

Pour une sécurité optimale, la conteuse audio pour enfants est le jouet à privilégier par la famille : elle limite le volume sonore et se place n’importe où dans la chambre de bébé. Les baladeurs de Lunii ont également un mode nuit qui les éteint automatiquement !

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Sources

Organisation mondiale de la santé : déficience auditive chez l’enfant

Étude : « White noises and sleep induction » — Spencer JA, Moran DJ, Lee A, Talbert D. White noise and sleep induction. Arch Dis Child. 1990 Jan ; 65 (1) : 135-7. doi: 10.1136/adc.65.1.135. PMID: 2405784; PMCID: PMC1792397.

Recherche « The effects of white noise on sleep and duration in individuals living in a high noise environment in New York City » — Ebben MR, Yan P, Krieger AC. Sleep Med. 2021 Jul;83:256-259. doi: 10.1016/j.sleep.2021.03.031. EPub 2021 Apr 6. PMID : 34 049 045. 

Recherche : Attarha M, Bigelow J, Merzenich MM. « Unintended Consequences of White Noise Therapy for Tinnitus-Otolaryngology’s Cobra Effect: A Review ». JAMA Otolaryngol Head Neck Surg. 2018 Oct. 1 ; 144 (10) : 938-943. doi: 10.1001/jamaoto.2018.1856. PMID: 30178067.

Étude : « Continuous white noise exposure during sleep and childhood development: A scoping review » — Russell W. De Jong a, Gavin S. Davis, Cynthia J. Chelf b, John P. Marinelli a, Isaac D. Erbele a c, Sarah N. Bowe a c.

Article rédigé par Krystel Elisé – Agence Ekkry

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